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Les principes de la vie permettent de chercher l’issue de vie qui aidera à vivre pleinement dans la situation qui est la sienne aujourd’hui et qui peut devenir semence ou condition de fécondité pour les autres.
Bien que nous n’ayons pas choisi de naître, il y a toujours en nous le pouvoir de décider la trajectoire que peut prendre notre existence, malgré les accidents qui la conditionnent. La condition humaine n’est pas donnée une fois pour toutes. C’est une quête permanente, une lutte, un travail sur soi, une rencontre avec le mal, avec des trajectoires parfois presque opaques.
Mais des cendres, il nous faut toujours renaître et nous redéployer sur des principes qui peuvent servir de boussole à ce cadeau qu’est la vie.
Ces cinq principes ne sont pas des recettes ni des formules magiques. Ils sont le fruit d’une réflexion ancrée dans l’expérience personnelle, humaine, éducative. Ils ont vocation à déterminer et à faciliter notre approche de l’existence, pour que la vie reste possible même quand elle est difficile.
Le premier principe de la vie est de choisir la vie. Il ne faut pas se contenter d’exister,de respirer, d’aller et de revenir, de faire comme tout le monde. Ce mouvement-là n’est pas vivant : c’est faire semblant d’être vivant sur terre pour simuler la vie, mais pour déployer celle qui nous a été donnée.
Choisir la vie, c’est refuser la médiocrité et la routine qui épuise. C’est décider, en tout temps et en toute situation, de jouir de cette existence peu importe le poids des circonstances en évitant les connivences avec la mort, qu’elles soient physiques, morales ou spirituelles.
La sagesse fon le dit avec une précision remarquable : nous sommes des gbéto — « père de la vie » — et non des gbédoto — « créateur de la vie ». Nous sommes des êtres créés, non des créateurs. Cette distinction n’est pas une humiliation : c’est une libération.
Accepter ses limites et la condition qui régit notre existence, sans la convoiter au-delà de ce qu’elle est, c’est se préserver du piège de la toute-puissance. L’acceptation de soi — y compris dans ses fragilités — est le premier acte de sagesse que la vie nous demande.
Il est fondamental de devenir ce que l’on est. C’est cela le troisième principe de la vie. Se rendre compte que l’on n’est pas comme tout le monde, que l’on éprouve et voit le monde autrement que les autres. Cette singularité n’est pas une faiblesse : c’est une force pour soi-même, et elle participe à la richesse du monde.
Il faut chercher son propre chemin dans une juste relation aux autres. Cela implique de ne pas confondre son identité avec celle d’autrui, d’éviter les relations de confusion de place — la possession de l’autre ou le fait de se laisser posséder. Je suis moi, et c’est précisément en cela que je peux véritablement rencontrer l’autre.
Si tu es divisé au fond de toi-même, il est difficile de vivre. Un royaume divisé ne peut tenir. C’est en cela que l’harmonie intérieure et la cohérence sont des piliers de l’existence humaine.
Il s’agit d’apprendre, dans la mesure du possible, à être un avec son psyché, son corps, son cœur, son histoire. Rassembler ses énergies pour les orienter vers une même fin, c’est retrouver une puissance d’agir que la dispersion ne permet pas. L’unité de la personne n’est pas un état définitif — c’est un travail quotidien, une discipline intérieure choisie.
De la même manière que la plante doit porter des fleurs et l’arbre des fruits, chaque être humain est appelé à entrer dans la fécondité de sa vie. Cela commence par un bilan honnête : découvrir ses talents, même les plus modestes. Nous avons tous des dons dont il faut prendre conscience et que nous devons cultiver.
Cette conscience de ses propres talents préserve du repli sur soi, de la dépréciation, et permet de poursuivre des désirs authentiques — ceux qui viennent de l’intérieur, non des injonctions extérieures. Être fécond, c’est finalement permettre à sa vie de devenir semence pour ceux qui viendront après.
Ces cinq principes de la vie ne promettent pas une vie sans douleur. Ils ne suppriment pas les accidents, les pertes, les traversées obscures. Mais ils offrent une boussole — un ensemble de repères auxquels revenir lorsque l’existence semble perdre son sens.
Choisir la vie. S’accepter. Déployer son identité. Rechercher l’unité. Être fécond. Ce sont cinq actes qui se nourrissent mutuellement et qui, ensemble, dessinent le contour d’une existence vivable et digne — non pas malgré les épreuves, mais à travers elles.
Je les propose non comme des vérités absolues, mais comme des fruits d’un cheminement personnel et d’une longue observation de l’humain. Ce sont des portes. À chacun d’entrer par celle qui lui est ouverte.
Si vous souhaitez approfondir ce chemin pour vous-même, pour votre famille ou dans un cadre professionnel, je serai heureux d’échanger avec vous.
Afignonzo Sèlonou Géraud
Philosophe humaniste, accompagnateur humain et éducatif, fondateur et Président de l’ONG La Principale.
Réponse généralement sous 24 heures